Recherche

Shoomeatove

'' Coeur et Plus ''

Mois

août 2015

Un petit tour au théâtre!

 »Je trouve cela vraiment affreux! Quelque soit la raison qui vous pousse à laisser tomber une décision, il y a une manière de faire. Moi, j’encourage les couples à communiquer d’avantage. Dites vous ce qui marche, ce qui ne marche pas. Si entre eux il y eu un problème sérieux, ils auraient pu éviter cette humiliante scène juste en discutant. D’ailleurs vous avez déjà une chance: vous êtes en couple! »
C’est le commentaire que j’ai moi-même posté concernant une vidéo circulant sur Facebook ce dimanche soir 30/8/15
Il s’agissait d’une mariée abandonnée devant l’Église par son fiancé.
j’ai beaucoup réfléchi avant de cliquer sur  » Partager », je me suis dit que c’est multiplier l’humiliation de cette jeune femme à l’infini, mais mon égo voulant s’exprimer sur le sujet a failli et j’ai cliqué non sans émotion.
Pour moi, cette situation était vraiment triste et je me mettais à la place de cette femme déboussolée, affolée, paniquée!
Les badauds lui criaient après, filmaient la scène, la prenaient en photo sur leur téléphone trop intelligents. Elle hurlaient qu’on arrête de la filmer, elle envoyait des injures au visage des gens voulant s’approcher de trop près, sa famille, figure de la famille haïtienne , tantôt la soutenait, tantôt l’accablait…lui faisant savoir qu’on savait que cela allait arriver! Que c’est agaçant!
A bout de souffle, elle se jette par terre en robe blanche de mariée, voile et dentelles souillées!
Ce qui se révèle être un théâtre de rue au final, la scène était parfaite, même les spectateurs répondaient présent!
Ils riaient à gorge déployée, faisaient des commentaires cinglantes ou amusantes avec leur voisin, on va pas dire de salle, mais de rue!
C’est comme s’ils étaient au théâtre.
Pourtant,personne ne savait ce qui se passait. Cette lamentable scène était aux yeux des gens, tout sauf triste. Aucune compassion, personne ne lui a prêté un mouchoir, personne ne lui a offert une bouteille d’eau, personne n’a essayé de dissuader la foule excitée et joyeuse devant l’échec de cette pauvre fille, d’arrêter son pèlerinage sans destination.
Cette scène de théâtre se transforme en un piège ou un test, dont beaucoup d’entre nous ont échoués!
On s’amuse dans le malheur de l’autre, la chute de notre prochain fait grandir notre bonheur, on se dresse en juge et condamne sans pitié…
Compassion,unité,entraide,respect,soutien des mots dénués de sens!
Soulagement pour certains, peut-être de la honte pour d’autres ou pour aller moins fort juste une pointe de déception, pour y avoir cru beaucoup se traite d’imbécile…
Mais la nouvelle est tombée: ce n’est qu’une pièce montée par la compagnie de théâtre de rue  »BIT HAITI » dans le cadre de la douzième édition de Carifesta en Haiti.

<>
Pourtant je n’aurais jamais pensé qu’une aussi cruelle scène puisse être une comédie!
J’y avais cru!
11923267_1637781876493052_4772728045474447468_n

Publicités

Bon ou mauvais signe?

On ne compte plus les signes, c’est plutôt mauvais signe.
Car, le jour a perdu de sa clarté.
le vent ne souffle plus pareil, de doux et rafraîchissant il est devenu sec et violent.

On ne compte plus les signes, c’est plutôt mauvais signe.
Car, le mystère des astres n’y est plus.
La lune se dévêtit de sa robe banche et les étoiles abandonnent les cristaux.

On ne compte plus les signes, c’est plutôt mauvais signe.
Car, La mer se change en glace.
Autant qu’il perd de son sel, autant que la chaleur le fuit.

On ne compte plus les signes, c’est plutôt mauvais signe.
Car, La nuit se maquille en blanc.
Les chats sont jaunes et l’horloge danse.

On ne compte plus les signes, c’est plutôt mauvais signe.
Car, la musique grince et colle.
Jamais mélodie n’a été aussi amère.

Malgré tout, la terre continue sa roulade effrénée
Maintenant sa vitesse et son cap
Supportant intempéries et autres rafales
Se moquant du temps qui court, des larmes et des états d’âmes
La terre ronde, jamais losange.
On ne compte plus les signes, c’est peut-être bon signe!

Etre Haïtien en République dominicaine

Dans le bus qui me sortait de cette partie de l’île (Haiti) pour m’amener à l’autre bout de l’île (République Dominicaine), car il faut se le rappeler, la division est ancrée jusque dans nos plates bandes de terre créant une frontière…ce qui fait des habitants de cette île unique deux peuples différents.
Alors dans le bus, je validais mentalement mon voyage. j’essayais de maximiser, de rendre plus important que jamais mon déplacement, car, s’il est futile, je serais morte de honte. St Domingue n’est plus cette destination excitante,cette terre de vacances pour l’haïtien moyen, ce coin qui nous fait rêver, qui nous apprends ce que c’est un pays en voie de développement…
Même si on le savait toujours, pour l’haitien désespéré,c’était une terre d’espoir, d’aller mieux…quitte à travailler dans les champs, les restos, la construction, vendre de l’eau, des sucettes, des ( palito de coco ) et même des (pèpè)…
Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus nous voiler la face, on ne veut pas des Haïtiens à St Domingue. Dominicains avec (Aïeux Haïtiens) ou Haïtiens immigrants: LA PUERTA!
Ironie du sort…un bus nous y amène malgré tout. Malgré le racisme, la discrimination, les préjugés, le déportement massif, les mauvais traitements sur des femmes et même des enfants…
je suis Haïtienne en république dominicaine, je roule en Chevrolet, je visite mes amies dominicaines, celles qui sont loin de la capitale désespèrent de ne pas pouvoir me rencontrer, elles seraient tellement contente de me traîner en boite, de faire la fiesta avec moi a la playa, mais bon je n’étais là que pour une journée…et pour une raison très importante!
Dans les boutiques,les indigènes viennent en aide volontiers a la chica, pour trouver sa pointure,la bonne couleur et le chef veut bien causer cuisine avec l’Haïtienne…des jeunes hommes du quartier me font les yeux doux et j’ai cru que ce vieil homme allait me prendre dans ses bras tant ses compliments étaient chaleureux.
Le proprio de la chambre adore les Haïtiens, qui sont d’après lui, de bons et loyaux payeurs, tandis qu’il ne veut pas faire affaire avec un Italien toujours d’après ses racontars.
Tout paraissait normal, mais il a fallu que je tourne au coin de l’av de Mexico pour découvrir cette ligne interminable,ce brouhaha familier, cette chaleur habituelle, ce bavardage incessant, cette langue de mes tripes,ces visages qui me ressemblent, mes frères, mes soeurs…ils veulent leur papier.
Une feuille sans protocole avec une photo dessus, mais ils en ont besoin pour continuer leur pénitence chez le voisin.
Pour réussir à pénétrer le bâtiment où le processus se déroule, plusieurs d’entre eux campent la nuit pour bénéficier des premières places. La pluie, n’est pas un obstacle. D’ailleurs, elle ne vient que par fines gouttelettes…du coup la sécheresse s’installe chez eux.
En fait, rien n’est normal, les voila les vrais Haïtiens qui subissent les tourments, les foudres racistes de ce peuple et de leurs lois.
En quoi suis-je différente? Dois-je me sentir bénie? fière?
je dis çà je dis rien, mais combien d’entre nous raconte avec fierté de ne pas avoir été pris pour un Haïtien las-bas? Ou d’avoir été épargné du racisme dans son entourage?
Moi, sur le coup, j’ai été indignée des conditions de cette régularisation. J’ai été indignée parce que l’Ambassade d’Haiti en République dominicaine est toute proche de ce lieu immonde. J’ai été indignée de voir des frères dans une ligne d’attente en attente de rien. J’ai été indignée de ne pouvoir rien faire pour changer cela. Offusquée de réaliser, combien mon peuple est livré à lui-même. Combien il est perdu,dérouté…
Et je me suis sentie comme eux, parce que, malgré toutes les belles rencontres, les bons restos, les jolis magasins, les joyeux échanges que j’ai eu avec des dominicains, des amis, je ne demeure qu’une Haïtienne. Et eux, quand ils pensent Haïtiens, ce n’est pas à moi qu’ils pensent.
IMG_20150801_082634IMG_20150801_082629

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :