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Shoomeatove

'' Coeur et Plus ''

Mois

avril 2016

DEMAIN, J’ÉPOUSE CET HOMME!

Bel-Ami, j’ai besoin de toi.J’ai une histoire à te raconter. Le genre d’histoire que je ne peux raconter qu’à toi. Oh les amis, les autres amis…eh bien ils fronceront leurs sourcils, ils auront un mouvement de recul,ils me feront quelques lignes de morale, ils vont secouer leur tête, je verrai de la pitié dans leurs yeux, un peu d’ahurissement. En face d’eux, j’aurai l’impression d’être une extra-terrestre, une inhumaine, voila!

Donc Bel-Ami, viens que je te raconte mon histoire,viens dans mon lit. Je suis nue dans les draps froissés, la température de ce matin d’avril me fait une peau moite, un peu de chaleur humide flotte dans l’air de la chambre, ouvre la fenêtre Bel-ami, l’air même chaude est source de vie. Viens m’en donner et écoute moi te raconter l’histoire de ce beau gaillard qui  me fait la cour. Tu vas rire, Je te connais, mais ne ris pas.C’est vrai que c’est tellement démodé, qui fait encore la cour ces jours ci? Peu importe ,mais ne ris pas.

« Presse plutôt un sein, puis l’autre. Malaxe les. Oui… »

Alors le beau gaillard dit qu’il m’aime. Qu’il pense à moi jours et nuits.Depuis ce jour où il a découvert mon compte Facebook, il se perd dans mes albums photos, il boit avidement à force de likes mes publications quotidiennes. Moi je t’avoue que sur le coup j’ai ri. Je n’allais quand même pas prendre au sérieux un mec qui tombe amoureux d’une page Facebook.

« Oh! Que c’est bon ce que tu me fais là Bel-Ami! Ta langue sur mes mamelons est d’une exquise douceur, continue Bel-Ami… »

Oui, comme je te disais je ne l’ai pas cru. Pire, sa déclaration était sans importance pour moi. Mais je lui ai quand même donner mon numéro. Après tout Bel-Ami, mon téléphone est du domaine public. C’est écrit partout. Sur toutes les affiches des spectacles que j’organise, dans chaque campagne de promotion que je dirige, on trouve mon numéro comme contact. Ce n’était pas un si grand geste de lui filer mon numéro.

 »Bel-Ami, où as-tu appris à glisser ta langue si délicieusement sur un corps? Qui donc es-tu pour me plonger dans cette volupté magique rien qu’avec ta langue sur mon ventre, mes aisselles, mon cou? Oh Bel-Ami… »

Laisse moi te dire que ce beau gaillard, dès lors, il m’appelle plus de 5 fois par jour. Pour me faire rire par moments, il partage une info des fois, il appelle d’autres fois pour me dire combien il m’aime, combien il est chanceux de pouvoir me parler. Ses appels sont réguliers, charmants dans le fond, si amicaux au final.

« Je t’en prie Bel-Ami, ne t’arrête pas! Je patauge en plein miel et lait…Oh la la! Tu as une de ces langues, efficace sur une autre petite langue cachée dans de grandes lèvres! Oh Bel-Ami je t’en prie, ne t’arrête pas! »

Ecoute moi, après les appels vient le temps des rencontres. Oh, les appels n’ont pas cessé pour autant! Ils s’ajoutent aux sorties, éclats de rire dans les restos branchés, ballade à Jacmel, Port-Salut, Mirebalais. Séjour à Ile-A-Vache,exploration de la citadelle au Cap-Haïtien et même une virée a la Havane. Cuba Libre! C’est lui qui crie. Il est super content d’être avec moi, mais moi aussi même si je ne crie pas, je suis super contente de me balader à Centro Habana.

« Bel-Ami, n’est-ce pas que tu possèdes des doigts aussi? Pioche, fouille, bêche! C’est si bon depuis l’intérieur… »

Enfin, il y arrive des jours où il m’énerve . 7 jours sur 7 à me suivre comme un chiot perdu, effrayé. A baver d’admiration devant tout ce que j’entreprends. Ah! il m’énerve parfois, quand par exemple, il veut m’empêcher de fumer. Tu te rends compte? Il balance mon stock dans la cuvette, me fait la guerre pour un malheureux joint, surveille ma  présence en ligne sur whatsapp la nuit, se méfie même de mes copines, me reproche mon language grossier…c’est d’un ridicule! Mais il dit qu’il m’aime Bel-Ami. On dirait qu’il n’y a que ca qui compte pour lui, qu’il m’aime. Je n’ai pas voulu l’en empêcher. Après tout, c’est pas comme si l’amour allait me tuer. Ben, qu’il m’aime! Remarque Bel-Ami , qu’en deux ans je ne lui ai jamais rien dit de tel, pourtant, pas un jour je ne l’ai cherché en vain.,pas un jour qu’il est parti totalement, sa colère ne dure jamais longtemps, son pardon rapide comme l’éclair,il regrette instantanément ses reproches, même fondées et se perd en excuse devant moi. Oui, c’est vrai qu’une fois en Espagne, je lui ai montré beaucoup de reconnaissance. Quand il a payé complètement les frais d’opération de ma mère, j’ai dû être gentille plusieurs mois de suite et le cadeau d’anniversaire, cette Rav4 neuve, j’ai été carrément affectueuse.

« Alors quel coup réussi ton pieu en moi! j’ai eu la chair de poule…Je ne m’attendais pas à ce que tu me prennes si brutalement. Bel-Ami où donc commence ta chevauchée? où prendra t’elle fin? Je ne souhaite pas de fin, cogne,cogne,cogne! C’est trop bon! »

Brusquement je commence à prendre peur.  Ca fait longtemps que cela dure et moi, je n’ai pas l’habitude des relations durables.Si je n’ai jamais souffert une relation trop longtemps, comment pourrais-je me marier pour la vie? Je crois que je vais devenir folle! Il me demande en mariage Bel-Ami! Il m’a fait la cour un jour et aujourd’hui il veut se lier par les liens du mariage. J’aurai un logis, des mômes,un mari. On dînera ensemble, on regardera la télé, on ira au supermarché et à l’église aussi.

« Je crois que je vais devenir folle! Ta queue a dû frôler un point essentiel en moi…Pourquoi cet avalanche de plaisir? Oh Bel-Ami…Ahhh..ohh… Ah »

Pour tout te dire, demain j’épouse cet homme! Ce beau gaillard qui veut mes yeux, ma bouche, ma main…Il me veut pour la mère de ses enfants,c’est ce qu’il me dit, c’est qu’il m’a toujours dit. Depuis le temps que je le connais. Je le crois volontiers, il me l’a prouvé, il l’a prouvé a mon entourage. Je l’épouse donc demain. Cela désolerait tellement ma mère qu’elle perde ce < Pitit gasonm> , mes amies diront que je suis folle, stupide devant moi et dans mon dos, salope et sotte! Je serai accusée de ne pas voir plus loin que le bout de mon nez, ma chance finirait là selon tout le monde. Alors j’épouse cet homme.

« Plus loin, plus fort, encore! Ca vient! Oui! J’arrive! Oh oui, je viens! J’atterris au ciel, un ciel numéro 7. Au septième étage d’un ciel piquant, chatouillant, doux et sauvage. Oh Bel-Ami, quel voyage ça a été! »

Et puis, c’est comme je te dis. Je dirai oui à ce beau gaillard demain. Même si demain…eh bien demain, je vais signer pour ne plus faire de voyage au ciel.Je vais sermenter pour ne plus goûter à la jouissance. Je n’aurais jamais pensé que cette cour assidue débutée sur Facebook me conduirait un jour devant l’autel.Prise au piège, je m’en accommode. Mais à quel prix? Celui, de pouvoir faire tous les voyages sauf celui qui conduit au ciel. Impuissante, je te regarde FERMER ta braguette, et FERMER la fenêtre avant de partir. Impuissante, je te demande de FERMER la porte derriere toi, car tu n’es qu’un Bel-Ami, et lui beau gaillard, il sera un mari…dès demain!

 

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NOTRE PREMIÈRE RENCONTRE!

Cela fait 20 ans depuis notre première rencontre.

J’aimerais passer mon chemin et laisser en veilleuse cette histoire, mais mon naturel bavard veut à tout prix que je vous la raconte.  J’ai dû de très souvent répondre à mes amis, à leur question: »  à quand le bouquin?   » Que de bouquin je n’en ferai pas, parce que je ne sais pas écrire.

Moi, je parle. Il faut absolument que je raconte ma bulle. Un écrivain, un poète, d’après moi cherche à séduire par les mots. Il est celui qui peut faire rêver avec une phrase, voir ne jamais se réveiller avec toute une strophe. Le poète fournit du merveilleux aux mots quotidiennement utilisés, l’écrivain sonde les émotions et les sentiments. Les âmes n’ont aucun secret pour lui. Je ne suis rien de tous ces génies. Quand j’écris, je ne fais que parler, c’est toute ma quête en tenant ma plume ou tapant sur le clavier: Parler.

Enfant,j’éprouvais déjà ce besoin de raconter.

Je réclamais déjà un auditoire. Je racontais mes lectures , je résumais L’École des fans de dimanche dernier, Je racontais mes rêves de voyages à l’étranger,je racontais des histoires montées de toutes pièces pour amuser les yeux étonnants qui consommaient mes dires, des histoires de giraumons qui parlent dans la cuisine de ma mère, je racontais n’importe quoi pourvu que je parle.

Dans mon sac à parole des temps modernes, Le désir de raconter est devenu plus intense. Tous les moyens sont bons. Radios, blogs, clubs oratoires, photographies…je parle pour raconter ma vie. La vie des autres.Il faut juste que je m’exprime. Dans mon sac à parole des temps  modernes, je traîne des bouts de paroles sur l’injustice faites sur  l’humain, sur la misère du corps, les déboires de l’âme. Je transporte des morceaux de furie, des pans de dégoûts, des lambeaux de cœurs. Je parle aussi des aléas joyeux, des intermèdes de délices, ces éclairs de bonheurs.

Petite, je parlais pour devenir intéressante. Je prenais plaisir à raconter pour me plonger dans ces regards admiratifs qui m’entouraient. A 9, 11, 12 ans, je cherchais inconsciemment  l’extase en donnant ma parole aux autres. De nos jours, Je veux surtout lui  raconter mes angoisses et mes envies par exemple, mes déceptions, lui montrer mes pas de danse et les fleurs de mon jardin.Pouvoir être sa voix, comprendre, raconter les choses qu’il pense, les choses qu’il vit. Je veux être utile pour lui, Je veux opiner et prendre parti. Je veux offrir la beauté des mots du monde par mes simples paroles. Parler de nos jours me donne carrément la sensation d’être la servante des autres.

Retour dans le temps de cette première rencontre. Peut-être que ça devait sonner amusant, l’assistance a ri. Un rire bas, refoulé. Un rire que je n’ai pas pris plaisir à entendre. J’ai toujours aimé les éclats de rires. J’ai dû avancer le long de l’allée, trop fière pour laisser perler ces gouttes qui piquent le coin de l’œil. J’ai regardé droit devant. Ce jour-là, de ma cérémonie de graduation de l’école primaire, j’ai fait ma PREMIÈRE RENCONTRE avec LA HONTE, en écoutant la lecture de mon palmarès et la phrase finale : Bavarde beaucoup en classe!

Ma honte alors fut de courte durée. Parce que, je connaissais des élèves pas intelligents, brigands…on n’a fait aucune mention de ces comportements. En prenant la pose, pour la photo souvenir, une idée bouillonnait dans ma tête. Mais je ne parle jamais seule? Pourquoi on ne cite pas la même phrase pour mes camarades qui bavardaient avec moi? J’ai vite compris que les gens pouvaient être méchants dans la vraie vie, pas seulement dans les bouquins. J’ai vite compris que l’enseignant qui avait écrit cette phrase à la fin de mon palmarès, ne supportait pas mon caractère de fillette qui n’a pas froid aux yeux. J’ai compris que j’étais unique, la seule sur une quantité à bavarder beaucoup en classe. J’ai décidé de sourire pour la pour la photo et pour moi. Mon sourire souillait ma honte au point de l’effacer.

Les grands l’admettent. On a toujours besoin d’un plus petit que soi. Je puise souvent chez cette petite fille de 12 ans que j’étais, l’énergie de ne pas renoncer, de me battre pour faire valoir mes opinions. Souvent, je n’ai pas baissé les bras pour lui faire honneur.  Entre la Honte et moi, il n’y a plus de grands liens si c’est par rapport à ce que d’autres veulent me faire croire de moi. 32 ans, je n’ai pas vécue toute une vie, mais j’ai vécu une de ces vies! Et, pour rien au monde je ne m’arrêterai de bavarder.

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