Bel-Ami, j’ai besoin de toi.J’ai une histoire à te raconter. Le genre d’histoire que je ne peux raconter qu’à toi. Oh les amis, les autres amis…eh bien ils fronceront leurs sourcils, ils auront un mouvement de recul,ils me feront quelques lignes de morale, ils vont secouer leur tête, je verrai de la pitié dans leurs yeux, un peu d’ahurissement. En face d’eux, j’aurai l’impression d’être une extra-terrestre, une inhumaine, voila!

Donc Bel-Ami, viens que je te raconte mon histoire,viens dans mon lit. Je suis nue dans les draps froissés, la température de ce matin d’avril me fait une peau moite, un peu de chaleur humide flotte dans l’air de la chambre, ouvre la fenêtre Bel-ami, l’air même chaude est source de vie. Viens m’en donner et écoute moi te raconter l’histoire de ce beau gaillard qui  me fait la cour. Tu vas rire, Je te connais, mais ne ris pas.C’est vrai que c’est tellement démodé, qui fait encore la cour ces jours ci? Peu importe ,mais ne ris pas.

« Presse plutôt un sein, puis l’autre. Malaxe les. Oui… »

Alors le beau gaillard dit qu’il m’aime. Qu’il pense à moi jours et nuits.Depuis ce jour où il a découvert mon compte Facebook, il se perd dans mes albums photos, il boit avidement à force de likes mes publications quotidiennes. Moi je t’avoue que sur le coup j’ai ri. Je n’allais quand même pas prendre au sérieux un mec qui tombe amoureux d’une page Facebook.

« Oh! Que c’est bon ce que tu me fais là Bel-Ami! Ta langue sur mes mamelons est d’une exquise douceur, continue Bel-Ami… »

Oui, comme je te disais je ne l’ai pas cru. Pire, sa déclaration était sans importance pour moi. Mais je lui ai quand même donner mon numéro. Après tout Bel-Ami, mon téléphone est du domaine public. C’est écrit partout. Sur toutes les affiches des spectacles que j’organise, dans chaque campagne de promotion que je dirige, on trouve mon numéro comme contact. Ce n’était pas un si grand geste de lui filer mon numéro.

 »Bel-Ami, où as-tu appris à glisser ta langue si délicieusement sur un corps? Qui donc es-tu pour me plonger dans cette volupté magique rien qu’avec ta langue sur mon ventre, mes aisselles, mon cou? Oh Bel-Ami… »

Laisse moi te dire que ce beau gaillard, dès lors, il m’appelle plus de 5 fois par jour. Pour me faire rire par moments, il partage une info des fois, il appelle d’autres fois pour me dire combien il m’aime, combien il est chanceux de pouvoir me parler. Ses appels sont réguliers, charmants dans le fond, si amicaux au final.

« Je t’en prie Bel-Ami, ne t’arrête pas! Je patauge en plein miel et lait…Oh la la! Tu as une de ces langues, efficace sur une autre petite langue cachée dans de grandes lèvres! Oh Bel-Ami je t’en prie, ne t’arrête pas! »

Ecoute moi, après les appels vient le temps des rencontres. Oh, les appels n’ont pas cessé pour autant! Ils s’ajoutent aux sorties, éclats de rire dans les restos branchés, ballade à Jacmel, Port-Salut, Mirebalais. Séjour à Ile-A-Vache,exploration de la citadelle au Cap-Haïtien et même une virée a la Havane. Cuba Libre! C’est lui qui crie. Il est super content d’être avec moi, mais moi aussi même si je ne crie pas, je suis super contente de me balader à Centro Habana.

« Bel-Ami, n’est-ce pas que tu possèdes des doigts aussi? Pioche, fouille, bêche! C’est si bon depuis l’intérieur… »

Enfin, il y arrive des jours où il m’énerve . 7 jours sur 7 à me suivre comme un chiot perdu, effrayé. A baver d’admiration devant tout ce que j’entreprends. Ah! il m’énerve parfois, quand par exemple, il veut m’empêcher de fumer. Tu te rends compte? Il balance mon stock dans la cuvette, me fait la guerre pour un malheureux joint, surveille ma  présence en ligne sur whatsapp la nuit, se méfie même de mes copines, me reproche mon language grossier…c’est d’un ridicule! Mais il dit qu’il m’aime Bel-Ami. On dirait qu’il n’y a que ca qui compte pour lui, qu’il m’aime. Je n’ai pas voulu l’en empêcher. Après tout, c’est pas comme si l’amour allait me tuer. Ben, qu’il m’aime! Remarque Bel-Ami , qu’en deux ans je ne lui ai jamais rien dit de tel, pourtant, pas un jour je ne l’ai cherché en vain.,pas un jour qu’il est parti totalement, sa colère ne dure jamais longtemps, son pardon rapide comme l’éclair,il regrette instantanément ses reproches, même fondées et se perd en excuse devant moi. Oui, c’est vrai qu’une fois en Espagne, je lui ai montré beaucoup de reconnaissance. Quand il a payé complètement les frais d’opération de ma mère, j’ai dû être gentille plusieurs mois de suite et le cadeau d’anniversaire, cette Rav4 neuve, j’ai été carrément affectueuse.

« Alors quel coup réussi ton pieu en moi! j’ai eu la chair de poule…Je ne m’attendais pas à ce que tu me prennes si brutalement. Bel-Ami où donc commence ta chevauchée? où prendra t’elle fin? Je ne souhaite pas de fin, cogne,cogne,cogne! C’est trop bon! »

Brusquement je commence à prendre peur.  Ca fait longtemps que cela dure et moi, je n’ai pas l’habitude des relations durables.Si je n’ai jamais souffert une relation trop longtemps, comment pourrais-je me marier pour la vie? Je crois que je vais devenir folle! Il me demande en mariage Bel-Ami! Il m’a fait la cour un jour et aujourd’hui il veut se lier par les liens du mariage. J’aurai un logis, des mômes,un mari. On dînera ensemble, on regardera la télé, on ira au supermarché et à l’église aussi.

« Je crois que je vais devenir folle! Ta queue a dû frôler un point essentiel en moi…Pourquoi cet avalanche de plaisir? Oh Bel-Ami…Ahhh..ohh… Ah »

Pour tout te dire, demain j’épouse cet homme! Ce beau gaillard qui veut mes yeux, ma bouche, ma main…Il me veut pour la mère de ses enfants,c’est ce qu’il me dit, c’est qu’il m’a toujours dit. Depuis le temps que je le connais. Je le crois volontiers, il me l’a prouvé, il l’a prouvé a mon entourage. Je l’épouse donc demain. Cela désolerait tellement ma mère qu’elle perde ce < Pitit gasonm> , mes amies diront que je suis folle, stupide devant moi et dans mon dos, salope et sotte! Je serai accusée de ne pas voir plus loin que le bout de mon nez, ma chance finirait là selon tout le monde. Alors j’épouse cet homme.

« Plus loin, plus fort, encore! Ca vient! Oui! J’arrive! Oh oui, je viens! J’atterris au ciel, un ciel numéro 7. Au septième étage d’un ciel piquant, chatouillant, doux et sauvage. Oh Bel-Ami, quel voyage ça a été! »

Et puis, c’est comme je te dis. Je dirai oui à ce beau gaillard demain. Même si demain…eh bien demain, je vais signer pour ne plus faire de voyage au ciel.Je vais sermenter pour ne plus goûter à la jouissance. Je n’aurais jamais pensé que cette cour assidue débutée sur Facebook me conduirait un jour devant l’autel.Prise au piège, je m’en accommode. Mais à quel prix? Celui, de pouvoir faire tous les voyages sauf celui qui conduit au ciel. Impuissante, je te regarde FERMER ta braguette, et FERMER la fenêtre avant de partir. Impuissante, je te demande de FERMER la porte derriere toi, car tu n’es qu’un Bel-Ami, et lui beau gaillard, il sera un mari…dès demain!

 

Publicités