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Mois

juillet 2016

Voyage,souvenirs et confidences!

Mois de Juillet de l’année dernière, j’ai fait un tour en Belgique. La belle province de liège m’a accueillie durant 5 jours. Moi et des centaines d’autres jeunes francophones venus de pays differents. Tu viens d’où? ( Ouvrir le lien pour en savoir plus) On avait eu une belle fête avec la langue francaise comme invitée d’honneur.

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Cérémonie d’ouverture du Forum Mondial de la langue francaise 2015 au Forum de Liège

La jeunesse réunie à liège avait une mission. L’organisation Internationale de la Francophonie ( OIF) recherchait une jeunesse créactive! La Créactivité ( Ouvrir le lien pour en savoir plus) était donc ce lien solide qui nous a amené dans une seule ville sous le couvert de la langue francaise.

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Le monde a son secret de survie dans l’entraide, la solidarité et l’amour. Si nous puisons beaucoup plus dans ces vertus que nous possédons, et quand bien même…que nous pouvons cultiver, tout ira beaucoup mieux. Je parle d’expérience. J’ai vécu le pouvoir de la bienveillance au cours de cette rencontre internationale. J’ai compris que les hommes pourraient éviter bien de guerres avec un simple mot gentil. Une seule bonne intention aurait suffit pour que des mots comme « racisme, haine »  ne voyaient pas la création. Gentillesse-Sourire-Solidarité ( Ouvrir le lien pour en savoir plus) était une expérience extraordinaire à liège.

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Croisements de culture, rencontres extraordinaires, découvertes merveilleuses…J’ai eu droit à la totale! L’Art comme je l’aime: mystérieux et profond. Des activités étonnantes autour de la culture. Ma dernière soirée Musiques du monde ( Ouvrir le lien pour en savoir plus) restera encore longtemps dans ma tête. Pas moins que ce moment renversant Choc Culturel! ( Ouvrir le lien pour en savoir plus).

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 » Happy Birthday to you ?  » 21 Juillet, c’est la fête nationale belge! Et ces jeunes participants au forum pas du tout belges, avaient décidés de célébrer l’occasion, pour remercier ce beau pays qui nous avait reçu! Je m’ étais dit quel bel exemple de solidarité et de reconnaissance. J’ai capturé ce moment.

Est-ce que j’ai donné l’impression qu’on ne faisait que s’amuser?

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Pardon! Car des conférences, ateliers, séances de labos, travaux pratiques…en somme du travail, il y en avait eu débordant,mais gratifiant!

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Présenter des projets et discuter de leurs réalisations, échanger des partenariats, faire de nouveaux contacts, apprendre des autres et donner un peu de soi…Construire quelque chose ensemble…la vie du forum!

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Partir vide et rentrer rempli…la rencontre avec des compatriotes vraiment bien, ainsi que d’autres gens impossibles à oublier. ( Petit clin d’oeil à  Widlore Mérancourt ) et à  (Saïdou Koanda ) de belles rencontres fructueuses.

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Finir le voyage sans parler de la bouffe? Ce serait impardonnable de ma part de vous cacher Tivoli, le lieu de tous les délices! J’ai encore le goût d’un certain lapin sur ma langue!

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Ce billet est l’occasion pour moi de partager avec vous les moments qui m’ont marqué au cours de ce voyage inoubliable.De vous faire lire ou relire mes récits, (via les liens) et aussi de partager des photos inédites.

J’ai laisse liège, ( 3:00 am)  mon aventure du forum a pris fin avec ce dernier baiser sur la place Cockerill. Pardonne moi, je suis une grande romantique, et voyage sans petit béguin ne correspond pas à ma nature!

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On se reverra…Place Cockerill!

 

 

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Un café avec Kemi Seba

L’association culturelle Café Philo a frappé fort le jeudi 9 juin. Une date mémorable, qui a vu asseoir l’activiste panafricaniste kemi Seba à cette table de discussion dédié à la pensée philosophique et humaniste. Le public habituel de Café Philo, des jeunes étudiants et des professeurs ont été contents de l’accueillir. La longue séance de photo (environ 1:30 mns) avant de procéder à l’ouverture peut le prouver. J’ai vu des gens lui parler de son compte Facebook et des partages qu’ils font de ses publications. Ce n’était pas un inconnu qui a débarqué en Haïti, Kemi était attendu et les gens avaient une réelle connexion avec lui.

Pour ma part, faisant partie de ceux qui le suivent aussi sur Facebook, j’ai su qu’il rentrait en Haïti par une publication que j’ai partagé avec la mention: On t’attend Kemi. C’est vrai que j’avais hâte de découvrir ce géant qui prône le panafricanisme, l’union ultime entre les peuples noirs. Je voulais saisir l’occasion pour l’écouter en vrai et ne pas que deviner la vibration qu’il dégage lorsque je le regarde sur YouTube. En fin de compte, il était bien là, je l’ai écouté avec toute mon attention et aussi le recul qu’exige les premières fois. Je viens partager dans ce billet  le goût de ce Café avec Kemi Seba. En quelques points, j’ai aimé:

1-  L’ouverture

-On dirait que tu pries?

-Ouais, je parle avec les ancêtres

Ceci est un échange entre Stéphane Saintil, le modérateur du débat qui allait s’ouvrir, et Kemi Seba qui en effet murmurait ce qui semblait être une prière. La scène était encore plongée dans une légère pénombre, ce qui donnait à cet échange une couleur pour le moins mystique et qui accrochait encore plus le public. On venait justement d’en apprendre plus sur un personnage déjà fascinant. Il est aussi un être très spirituel qui sait parler aux ancêtres.

2- La carte noire

Café philo est une réunion qui se tient à Port-au-Prince tous les mardis soirs. Une réunion autours des idées, du cas de l’haïtien et de son évolution dans le monde. Exceptionnellement on a reçu Kemi Seba un jeudi compte tenu des complications lors de son voyage, mais ce café Philo a vu une autre exception s’exécuter à propos de la carte blanche habituelle qu’on donne aux intervenants, Kemi a réclamé une carte noire. On dirait que c’était à ce prix qu’il accepterait de livrer son message en Haïti. Il l’a eu sa carte noire.

3- Le sens profond de sa venue en Haïti

Un musulman en pèlerinage va à la Mecque, un chrétien à la recherche de la plénitude extrême va au Vatican et un défenseur de la cause des noirs en pèlerinage doit absolument poser ses pieds sur le sol d’Haïti…C’est la tirade émouvante, dit dans un ton solennel par Kemi Seba pour justifier sa présence sur la terre de Dessalines, de Toussaint, de Boukman, de Félicité… Il a continué pour avancer que durant ses 6 dernières années il a voyagé dans environ 80 pays, mais que jamais il n’a encore eu cette émotion, cette connexion qu’en touchant le sol d’Haïti. Selon ses propres mots, Il est un fils qui vient voir sa mère.

4- Sa déclaration sur le vaudou

Rien  qu’on n’a pas déjà entendu en fait, son discours n’était pas nouveau mais il était fort. Il était dit avec une réelle conviction qu’on pouvait la sentir, le vodou est pour lui la matière de vie de l’haïtien, et le jour où il l’aura compris sera historique. Il a parlé des peuples d’occidents (Les blancs) qui ont bien compris cela, qui nous donne le christianisme et qui nous vole notre vaudou sous forme de Franc-maçonnerie, il conseille aux haïtiens d’arrêter de rejeter leurs origines, de laisser tomber la franc-maçonnerie et de se mettre au vodou. Ce n’est qu’à ce prix que notre peuple connaitra la paix. Une grande partie du public a crié: AYIBOBO. C’est comme un AMEN dans une cathédrale.

5- Son regard sur Haïti

On va dire de préférence Port-au-Prince, il a visité la ville en 48heures (On était jeudi 9 juin). Kemi Seba croit dur comme fer qu’Haïti est la capitale centrale de l’Afrique. Il l’a répété dans un formalisme étonnant à plusieurs reprises. Il dit le croire encore plus depuis qu’il a découvert cette ressemblance d’Haïti avec les villes africaines. Que ce soit au niveau des repas, du style de vie il pense que la vie se déplace à Port-au-Prince comme à Dakar par exemple. Mais il déplore le manque d’infrastructure, la pollution dans les rues et oui, il a son opinion la dessus. Il a compris pourquoi Haïti reste juché sur cette mauvaise pente. C’est parce que nous somme le peuple le plus arrogant de l’histoire des nations.  » Haïti paie le prix de sa résistance » Cette liberté que nous avons osé prendre d’entre les jougs des colons, nous payons encore le prix très fort.

6-Son désaccord avec la passivité du peuple haïtien

» Un pays sous hypnose » voilà ce que nous sommes. Il a cité son défunt ami (Paix à son âme) Hugo Chavez qui disait toujours,  » Si Haïti se lève l’Afrique va se lever, l’Amérique du sud va se lever… » Tous les peuples opprimés par cette bête de mondialisation se lèveront. Il demande de la réactivité. Kemi Seba espère qu’on se rapproprie les concepts, qu’on devient des politiciens, qu’on participe à la vie de notre nation comme l’éboueur qui rend service en vidant les poubelles, l’éboueur est donc un politicien. Qu’on arrête de se servir du peuple pour avoir le pouvoir, mais qu’on prend le pouvoir pour servir le peuple. Il espère que Haïti réagisse, que la capitale bouge pour que les autres villes se lèvent, ici, on parle panafricanisme, pas nationalisme.

7- Cette phrase

Je ne me rappelle plus du contexte, mais je me souviens comment je l’avais accueillie. Avec un quasi ferveur.  » Ce qui doivent faire le bien le font mal et ceux qui font le mal le font bien »

8- Sa tirade sur l’union

« Ceux qui refusent l’idée du panafricanisme, d’une union entre les peuples noirs sont ceux-là qui se regroupent en Etats-Unis d’Amérique, en Union Européenne… »

9- Le clash

Faut d’abord préciser que c’était avec amour. Stéphane Saintil, le modérateur de la soirée a pris la parole pour avancer ses propres idées. Il a partagé la table avec Kemi Seba mais il a ses opinions a lui. Pour Stéphane, Haïti est un bassin où se baignent  plusieurs peuples, les français, les espagnols, les anglais, les hollandais…sont aussi passés par là. On n’hérite pas que de nos gênes africaines. Pour lui l’haïtien n’est pas africain et il l’a lancé au visage de celui qui prêche son sermon panafricaniste. Mais, il n’y avait pas que Stéphane, la séance questions-réponses l’a bien prouvé, en Haïti Kemi ne fait pas l’unanimité. Nous sommes un bon groupe a ne pas adhérer à ses idéologies de noirisme, de panafricanismes. Mais, je vous le redis, c’était avec amour.

10-Kemi Seba

Un personnage que j’ai découvert grâce à internet, je n’ai jamais lu un de ses ouvrages, mais je lis beaucoup de papier sur sa lutte, sa vie. Il m’a toujours fasciné. Je ressens toujours une énergie comme une folie en ouvrant une page web intitule Kemi Seba. Il fallu qu’il soit en Haïti, à Ambyans resto club, un espace simple comme bonjour pour faire l’expérience de mes lectures. Il a l’avantage d’avoir un physique arrogant, son costume africain n’arrange rien dans sa posture de géant, et que dire de sa voix? Ce n’est pas moi qui vais vous le dire, c’est un orateur formidable, et comme détecté par un participant, il possède les techniques pour galvaniser une foule. Le public comme moi était sous le charme.

Ce café avec Kemi Seba quoique bien sucré gardait par moment son effluve d’amertume. Je n’ai pas aimé:

1- Son radicalisme extrême

Je ne conçois pas qu’au 21eme siècle un monde ou le noir se méfie du blanc et ou le blanc ignore le noir. Sa formule Homme noir/Femme noir me révolte. Je crois que toute lutte même avec un objectif matriciel doit veiller à ce que les variantes concordent. A quoi ça sert les noirs qu’on ne se mêle pas aux blancs? Il a bien cité Socrate, mais c’était un blanc. Et ce n’est pas que pour cette fois, comme l’a dit Kemi Seba, parce que les blancs partagent ce monde avec les autres races et chacun d’eux aura à tirer du bon en l’autre.

Pour terminer ce billet. Voici ce que pense Kemi Seba de ce Café Philo:

C’était énorme pour lui, un réel honneur de faire ce débat avec ses frères haïtiens. Il pense qu’on a besoin au maximum de ces genres d’échange. Il n’est pas du tout déçu clame-t-il pour répondre à ma question, il a aussi compris que la majorité des participants comprenait sa démarche et cela renforce ses convictions sur Haïti qui est la mère des nations noires.

Et Stéphane Saintil pense que ce café a été une réussite, il a compris la soif des gens pour la parole panafricaniste de Kemi et il est satisfait de la tournure de la séance. Il a remercié le poète Claude Sainnécharles qui avait pris l’initiative, et aussi la chanteuse Sara Renelik, les membres de la revue CONTROVERSE et les membres de Café Philo.

Quand Haïti pleure Nice

J’ai reçu la nouvelle comme tout le monde. Le 14 juillet, sur la promenade des Anglais à  Nice. Un camion fonce sur la foule, faisant au moins 84 morts, dont 10 enfants, et plus de 200 blessés. Une mauvaise nouvelle de plus, me suis-je dit. Une triste nouvelle, quand on pense que des touristes étrangers, des familles en vacances, des habitants de la zone, des enfants et des adolescents réunis pour admirer un feu d’artifice se retrouvent épinglés à une liste de  84 personnes morts.  Triste pour les niçois, pour les français, pour les victimes, Je retourne à ma fête. Je fêtais un anniversaire pendant que des vies trépassaient sur un autre continent. Des vies inconnues. Des vies pour qui je ne verse pas de chaudes larmes, car trop loin de mon quotidien et de mon quartier.

Cinq jours plus tard, un ami a annoncé sur sa page Facebook qu’il est dans le noir total. Son cri de désespoir m’assourdit. Il vient de confirmer la mort de sa femme et de son garçon de 9 ans : «  Je n’avais pas envie de sortir, je n’aime pas les feux d’artifices. Je l’ai vu pour la dernière fois laisser la maison avec mon garçon de 9 ans qui trépignait d’impatience. Elle souriait et embrassait notre fille de 3 mois que je tenais dans mes bras. J’ai dit ‘’ Je t’aime’’ à mon Léo. J’ai embrassé sa mère. Le camion de l’horreur ne les a pas ramenés. Ils sont restés sur la promenade des anglais. Je suis dans le noir total »

Les larmes sont là. Haïti pleure Nice. En 2009-2010, l’une de mes passions fut de jouer environ quatre heures par jour à un jeu que proposait Facebook. City Ville, la passion de construire sa ville avec l’aide d’une communauté. Il était de celui qui m’envoyait des légumes pour ma ferme, de l’énergie pour rester fonctionnels, des matériaux pour la construction. Quand je dis ami, ce sont des ‘’ likes’’ qu’on se donne. Des blagues qu’on partage. Des pensées positives qu’on se souhaite.  Mais mon désarroi n’était pas virtuel. Je pleurais réellement sa perte. Je connais Léo et sa maman. Ils sont affichés comme photo de profil.

Quand Haïti pleure Nice, ce ne sont pas des débats sur internet sur je suis Nice ou je ne suis pas Nice. C’est une plaie ouverte, un cœur blessé, une tragique perte. C’est traverser un continent et trainer  de la consolation pour un ami virtuel. C’est ne pas trouver le mot juste pour lui dire de tenir bon. C’est risquer de lui dire courage. Comment être courageux devant une telle atrocité ?

Les victimes de la haine sont nombreuses et proviennent de partout. L’insécurité est mondiale. Et l’amour doit trouver sa place aussi dans ce monde. L’amour n’est jamais vain. Nous en avons reçu durant ce moment catastrophique du 12 janvier 2010. Ne refusons pas d’en partager sous prétexte qu’à Port-au-Prince aussi des gens meurent tragiquement. Quelque soit ou les gens laissent leur vie, Orlando, Chad, Bagdad, Bruxelles, Haïti …quelque part sur la terre une âme pleure leur départ. J’en suis terriblement désolée pour mon ami dont j’ai choisi de taire le nom. Je suis donc Nice. Je suis partout où les crimes gratuites font des victimes.

 

La boîte à musique et sa danseuse étoile

Une belle boîte en plein coeur de la ville, l’avenue est accueillante. Froide et calme après la pluie. Je m’engouffre avec mon ami dans cette boîte à la devanture colorée de néons lumineux. La musique nous happe, la serveuse nous indique une table libre et les danseurs sont impressionnants. J’ai dû élever ma voix et lutter un peu avec les décibels pour crier à mon ami: On est venu à un spectacle de danse! En fait, on cherchait juste à bouffer et pourtant il y avait une scène, de la musique et des danseurs. Devant nos plats de viandes frites trop secs, on savoure le spectacle.

Mais pour être franche, ce n’etait pas un spectacle. C’etait plutot une ambiance discothèque sympa. Genre cocktails, amuses-bouches, musiques et danses, peu de conversations. Ils sont majoritairement jeunes, minces, élancées, des talons hauts et des robes courtes. Ce sont les femmes. Et les messieurs, de beaux jeunes hommes sans embonpoint. Bien chic.

Parlons musique. Elle est latine. Salsa, cha-cha-cha,merengue, bachata…les danseurs s’enchaînent dans de savants numéros. On voit bien la pratique, la maîtrise et l’amour de la danse. On sent la douce joie et la chaleur de la piste. Les lumières sont joyeuses et virevoltent au rythme des couples de danseurs. On applaudit la perfection d’un tour et on se perd dans cette longue liste de musique enjolivante. Je regrette de ne pas pouvoir vous citer quelques titres, je ne les connais pas. Mon appli détecteur de son n’a pas eu le soutien de la batterie de mon téléphone.

Si étrange je trouve l’atmosphère! Je ne suis en aucune mesure de fredonner un refrain, je n’arrive pas à identifier aucun des chanteurs, mais heureusement je connais les rythmes. J’arrive facilement à identifier le merengue du cha-cha-cha. Dans la boîte à musique, on oublie si dehors, c’est l’avenue Magloire Ambroise. On dirait qu’on se trompe de capitale. Port-au-Prince est plongée dans l’obscurité et nage sous la pluie. Sa musique est morte. Elle n’existe pas. Haïti et sa capitale ne dansent pas dans cette boîte à musique du bas de la ville. Si l’atmosphère est étrange, elle est plutot sociable. Et c’est pas mal du tout.

Sur la piste, elle est légère comme une plume.Elle brille de milles feux. Elle est souple et son engagement corporel est explicite. L’esthétique et la justesse de ses pas sont indéniables et l’alchimie avec les partenaires délicate. Elle est blanche, elle est belle et c’est une étoile. La seule blanche de la boîte à musique. Rien à dire, la musique est de sa race. Elle la chevauche trop facilement. C’est la reine de la soirée.

Je me demande si quelque part sur cette terre, il existe un coin, une boîte, un placard où ma musique fait bouger des étrangers. J’aimerais me retrouver dans une contrée lointaine, même voisine où la boîte à musique me sacre reine sur des titres de Nemours Jean Baptiste, System Band, Tabou Combo, Magnum Band, Carimi, Zenglen, Ktouch… Juste pour être la seule haïtienne sur la piste  et celle qui connait mieux que tout le monde comment  » Ploguer ».

Toute bonne chose ayant une fin, on paie l’addition mi-salée, mi-sucrée et au moment de partir Bing! Une mélodie que je peux identifier même en rêve:  Lajan sere de Klass et Bing encore! Toutes les lumières sont éteintes. Bon c’est pas sorcier, c’est clair qu’ il n’est plus l’heure des danses de sociétés.

Photo: Google.com

Partir en voyage scolaire au Cap-Haïtien, comment?

Pour des étudiants à l’université, étudier dans les livres n’est pas suffisant. Entre les cours d’économie , de langues, d’introduction à la gestion et aux droits… les étudiants de l’Université Notre-Dame de Jacmel (L’UNDH-Jacmel) , classe de francais- année préparatoire s’exercent aussi au leadership. Organiser un voyage scolaire au Cap-Haïtien était l’épreuve à subir durant tout un semestre. Coup d’oeil sur le leadership de ces jeunes futurs gestionnaires.

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Juszezak Sarah prenant fièrement la parole au concert de levée de fonds

A l’initiative de ce brillant projet la professeure de français, Sarah Juszezak. Détentrice d’un master en communication internationale et d’une maîtrise en didactique des langues étrangères, Sarah est française d’origine haitienne.  Elle a vécu en France avant de faire le choix de vivre dans son pays d’origine.  Enseignante de français à l’UNDH-Jacmel, elle a voulu faire de son cours ce dernier semestre un cours concret en privilégiant la méthode actionnelle dans l’apprentissage et l’enseignement du français en considérant les étudiants de l’année préparatoire comme des acteurs sociaux ayant à accomplir des tâches tout au long du semestre jusqu’à la réalisation d’un projet final. Ce projet final devrait permettre aux étudiants  ou apprenants de comprendre pourquoi ils agissent.

Dans cette perspective, les étudiants  ont donc décidé, avec leur professeur de français, d’organiser un voyage  dans le  nord du pays du 25 au 29 Juillet 2016. Tout au long du second semestre, le cours de français s’est articulé autour de ce projet communautaire, depuis sa conception jusqu’ à sa réalisation. Ce projet a permis au cours de français d’évoluer sur des thématiques comme le francais du tourisme, le francais administratif, communiquer avec un sponsor ou d’autres partenaires…L’expérience est aussi utile à leur sens du leadership et organisationnel. Ce projet de voyage avoisine les 355,000.00 gourdes de budget . Les idées pleuvent pour réunir les sous. Et la méthode actionnelle fait ses preuves.

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Dans la boite à idée, un grand tournoi de football entre les différents établissements scolaires de la ville de Jacmel. Le College Inter-Familia en a profité pour rafler le titre de champion, Il y a eu aussi  » Les Jeudis du cinema » Projection de grands films classiques. Mais la plus brillante des idées fut de choisir un parrain pour ce projet a haute visée vers  l’excellence dans la linguistique, la recherche culturelle et communautaire. Un choix qui s’est porté peut-on lire dans leur dossier de presse, sur l’artiste Jean Jean Roosevelt.

Pourquoi Jean Jean Roosevelt?

Gagnant des derniers Jeux de la francophonie et du prix TV5 monde. Les étudiants l’ont choisi parce qu’il est l’ambassadeur de la langue française à travers le monde francophone, et aussi pour ses nombreux engagements dans des projets communautaires en Haiti. Son soutien au projet a été marqué par un concert de levée de fonds qu’il a donné dans la ville de Jacmel le vendredi 8 juillet.

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C’est dans l’euphorie et la joie que les fonds ont été récoltés grâce à la musique de Jean Jean Roosevelt. Ces chansons sont scandées une à une par un public assis en maitre d’œuvre. Les participants avaient le contrôle de la programmation et choisissaient eux-même la chanson suivante. Une forte préférence pour le dernier album du chanteur est remarquée. Le public de jacmel présent au Bèlvédère montrait une réelle connaissance de l’œuvre musicale de Jean Jean Roosevelt qui a du coup fait vivre un moment de folie au Bèlvédère plein comme un oeuf.

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Grâce au leadership des apprenants, ce concert considéré comme l’une des étapes pouvant les aider à boucler un cycle fut un succès. Sarah Juszezak a confié sa fièrté débordante à l’endroit de ses étudiants. Pour elle cette réussite a un double-sens. Pouvoir donner la possibilité à une quarantaine de jeunes de découvrir une partie importante de l’histoire du pays, et de changer l’image d’Haïti à l’extérieur. Ayant vécu ailleurs, elle cotoie les préjugés sur sa communauté d’origine très souvent. A l’aide d’un documentaire présentant toutes les étapes de la préparation du voyage jusqu’au déplacement au Cap-Haïtien, elle veut prouver au monde que son pays n’est pas seulement la pauvreté et la précarité, l’insécurité ou la faim, mais aussi des jeunes entreprenants et compétents, un pays avec une culture riche et envoûtante.

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Si l’on peut se fier au nombre de participants présents à cette manifestation culturelle, les fonds ont bien été levées. Il ne reste qu’à souhaiter un bon voyage à toute l’équipe. Sinon, on peut exhorter d’autres universités ou groupes sociaux/politiques à faire l’expérience des projets communautaires participatifs.L’UNDH-Jacmel, classe de francais en année préparatoire l’a réussi haut les mains.

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